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  • JAMET Marc
  • J'aurai 69 ans le 31 mars 2014. 
Animateur « Ressources Humaines » sur les thèmes de la Gestion du Stress et des situations difficiles. 
J’enseigne également l’Aïkido à Ecully, près de Lyon.
  • J'aurai 69 ans le 31 mars 2014. Animateur « Ressources Humaines » sur les thèmes de la Gestion du Stress et des situations difficiles. J’enseigne également l’Aïkido à Ecully, près de Lyon.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 16:16

Cous 2011 Dim Soir 005Voilà maintenant neuf mois que je suis revenu de Jérusalem. J’ai reçu tellement d’amour, de gestes d’amitié, de cadeaux de regards aimants durant ce voyage que j’éprouve le ressenti que quelque chose à craqué au fond de moi, alors que dans le même temps j’ai eu peur, j’ai eu peur de ce sentiment de fragilité qui m’habitait alors. J’ai eu peur de me laisser aller dans le sens du courant de cet « un-connu » qui sourd au fond de moi. J’ai eu peur de lâcher prise et de rencontrer vraiment l’être que je suis aux tréfonds de moi.

Je me cramponne encore à quelques aspérités de ce rocher qui se fissure. J’ai encore peur de reconnaître, d’accepter cette beauté qui est en moi, qui est en chacun de nous, cette "beauté oubliée".

Je cherche encore parfois à m’étourdir, sans y croire vraiment, en meublant le temps dont je dispose par des futilités.

Je souris en écrivant ces lignes, car mon ordinateur vient de « planter ». En d’autres temps, j’aurai pesté ; là, non. Je sais au fond de moi que j’ai déjà lâché beaucoup de choses. J’ai profité de cette journée pour ressentir ce qui se passe en moi et j’entends comme une petite voix qui me dit « Alors, que décides-tu ? ». C’est une voix ferme, aimante. Et je serai tenté de répondre par une pirouette, mais non, plus maintenant. Je sais que le plus important, la priorité des priorités c’est l’Amour. Je décide de mettre en pratique, dans le concret et de commencer par un premier pas. Mon premier pas sera d’aller vivre auprès de Yolande, d’être avec elle au quotidien et de grandir encore, ensemble. Je connais par cœur toutes mes résistances, je les balaie d’un revers. Il m’importe maintenant d’être dans la vérité et la simplicité de l’instant, d’être un être vrai, simple, un être aimant, malgré ou quelque soit mon caractère, mon tempérament. Voilà ce que je décide et formule en cet instant.

Je prendrai le temps qu’il faudra pour clarifier mon cœur, pour exprimer aussi ma vérité profonde. J’ai tellement reçu de tous ces gens que j’ai rencontrés l’espace d’un instant ou d’une soirée, ils ont été les miroirs aux mille facettes qui m’ont renvoyé ma beauté intérieure en exprimant la leur par leurs offrandes, leur regard si profond, si aimant, leur générosité,  leur sourire au détour du chemin, l’accolade fraternelle, leur humour, les éclats de rires partagés, les messages de sollicitude…En les remerciant en leur rendant hommage du plus profond de mon cœur, je rends  hommage à la profondeur de mon être. Je les accueille et je m’accueille dans le même temps, je les accepte et je m’accepte totalement. Je n’ai plus envie de faire semblant, de jouer à quelqu’un d’autre pour être dans la conformité.

C’est la période de la mue, une période pleine de promesses et pourtant encore fragile, une période d’entre-deux, faite d’inconfort mais aussi d’une certitude, celle d’aller dans la direction juste vers le désir profond et inconditionnel de renaître, de faire peau neuve et de m’accueillir vraiment tel que je suis, tel que je sais et de pouvoir reconnaître cela chez l’autre.

Ce que j’exprime provient d’un ressenti profond, issu d’un vécu, d’une expérience, un ressenti qui tente de s’exprimer par les mots ; quelque chose qui touche la profondeur de l’être et que je suis allé chercher sur les chemins, sans savoir ce que j’allais vraiment chercher même si une partie de moi le savait sûrement, sans savoir ce que j’allais trouver.

Je sais que le mental a plus facilement la faculté de surfer sur la forme des choses plutôt que sur le fond, c’est sa nature. Ça n’est ni bon ni mauvais. Mais ici, le mental n’y est pour rien et nous restons bons amis. Une expérience d’ouverture, de fissuration  ne se décide pas mentalement, elle s’expérimente, chacun à sa manière. Michel Audiard ne disait-il pas sous forme de boutade : « Heureux les gens fêlés, car ils laissent passer la lumière ». Puisse cette fêlure s’agrandir encore!

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commentaires

Myriam 02/06/2012 21:24

Il y a un poème de Du Bellay qui me fait penser à vous...

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.


J'espère que vous l'appréciez !

Marc 04/06/2012 14:57



Bonjour Myriam et c'est un bel hommage que vous me faîtes de créer ce lien avec Joachin du bellay et sa terre d'Anjou si chère à mon coeur. Je
l'apprécie d'autant plus que c'est un de mes poètes préférés du XVIème et qu'en son temps j'ai aussi déclamé cet extrait des "Regrets".


Merci Myriam.



jeany jean-luc maxime 30/09/2011 21:51


Bonsoir Marc!
Nous t'avons croisé à GEMENOS...Quelle chance! J'aime beaucoup ces belles réflexions sur la fragilité de l'être et surtout, j'aime les gens fêlés qui laissent passer la lumière!Et malgré cette
rencontre nocturne sur ce terrain de camping,tu auras laissé en nous la lueur de notre rencontre! Bonne continuation....Et au plaisir de se revoir ,L'Anjou n'est pas le bout du monde!!!! Au
revoir!et Merci!


Marc 05/10/2011 17:23



Bonjour Jeany,


Comment pourrai-je oublier notre rencontre à GEMENOS ? Impossible ! Notre rencontre, comme je l'ai déja dit  m'a laissé une belle empreinte au coeur. Et je me réjouis d'avoir de tes
nouvelles. J'espère me rendre en Anjou où j'aurai grand plaisir à partager un moment avec vous tous.


Au revoir


Marc



Catherine Bénard 11/09/2011 15:50


Quel honneur d'avoir un cousin "fêlé" !
Tu rayonnes tant Marc, d'une magnifique lumière
Merci de ton témoignage qui me touche au coeur et qui résonne tant en moi
Oui, le plus important dans cette vie c'est bien d'aimer de tout son coeur
A bientôt pour un partage chaleureux comme on les aime
Catherine en Provence


Marc 12/09/2011 10:31



Grosses Bises à Toi et à Gérard. merci pour ce moment de partage et d'humour.Comme mon ordi est toujours en "rade" je réponds d'un Cyber Café, ça rappelle des souvenirs !Normalement début
Novembre, je dois intervenir à Giens et ça sera l'occasion, je l'espère de passer un moment ensemble.


de tout coeur,


Marc



Alain Lefebvre 09/09/2011 17:32


A lire certain passage du récit de ton périple, il me semblait évident que tu ne reviendrais pas indemne.

Je n'espérais pas que la "fêlure" serait si profonde : SUPER !!!


Marc 09/09/2011 19:53



Merci Alain, je suis très touché par ton mot et peut-être au plaisir de partager un moment à paris prochainement.


Marc



Valérie 09/09/2011 16:32


Que d'émotions me renvoies-tu aujourd'hui Marc, en te lisant !
Tu es un être lumineux qui s'éveille et c'est une chance pour toi bien sûr, mais aussi pour moi(pour ton amie, ta famille et certainement pour tes amis)… de partager cela avec toi… de vivre ton
amour. Alors bon courage pour ta belle, douloureuse et émouvante mue. Merci. Valérie


Marc 09/09/2011 19:58



Merci Valérie pour ta présence , ta confiance et ce que tu es. Je te remercie également pour ton amitié. Tu fais partie des personnes qui m'ont aussi beaucoup donné.


Marc